Hiva Oa
Géographie
Hiva Oa est la plus grande des cinq îles du groupe sud de l’archipel des Marquises. C’est une île volcanique, longue de 40 km et large d’environ 12 km. Il n’existe pas de barrière de corail, et la houle bat fortement ses côtes escarpées.
Un peu d’histoire
L’archipel des Marquises est l’un des plus éloignés de tout continent (6 000 km des côtes de l’Amérique latine et environ 4 800 km de celles de Basse-Californie). Les atolls de Napuka et Pukapuka se trouvent à environ 450 km, Tahiti à 1 400 km, Rapa Nui (l’île de Pâques) à 3 000 km et Hawaii à 3 850 km.
Leurs très lointains ancêtres avaient quitté le Sud-Est asiatique il y a 7 000 ans, se déplaçant vers l’est dans un univers de plus en plus insulaire qui façonna un peuple pour qui l’océan n’était pas un obstacle mais un moyen de subsistance, de communication et de découverte.(Ottino, 2006). La progression vers l’est leur permettait, le cas échéant, de revenir à leur point de départ en profitant des vents et des courants dominants.
Pendant plus d’un millénaire, les Marquisiens aménagent leur territoire de façon remarquable. Les berges des rivières sont consolidées par des enrochements, les pentes aménagées en tarodières et en terrasses de culture : ignames, patates douces, bananiers, bananiers huetu (fei), ihi (châtaigniers de Polynésie), dont on trouve de beaux exemples dans la vallée de Taaoa. Le meì est devenu la principale ressource : le surplus, stocké dans de grands ùa ma (fosses silos), est la base de la popoi.
Périodes historiques
Les escales de Mendaña (1595) et de Cook (1774) ont peu d’effets apparents sur la culture marquisienne. Après 1790, la fréquentation des baleiniers et des navires de commerce introduit les outils en fer, les cotonnades, des animaux (chevaux, chèvres…), des végétaux divers, les armes à feu, l’alcool et, involontairement, des maladies épidémiques qui décimeront en un peu plus d’un siècle les trois quarts de la population (variole, tuberculose, syphilis, grippe, etc.). En 1842, le contre-amiral Abel Dupetit-Thouars, à bord de La Reine Blanche et accompagné de cinq autres vaisseaux de guerre, prend possession des îles de l’archipel au nom du roi des Français, en faisant signer le traité par les chefs de Tahuata puis par ceux de Nuku Hiva (Bailleul, 2001, p. 89).